"Nous voulons une Europe régulée. Si on laisse planter la vigne partout où cela est possible, on va laisser exploser l'offre, sans que la demande suive. Il y aura donc une baisse massive des prix et à terme la disparition de la viticulture".
Nicolas Sarkozy, le 28 juillet 2011
Résumons. Le Président Sarkozy souhaite s'opposer à la fin de la limitation Européenne de la plantation de vignes. Il affirme que si il est possible de planter des vignes comme on le souhaite :
- Il y aura augmentation de l'offre
- Il n'y aura pas d'augmentation de la demande
- Les prix diminueront
- La viticulture va disparaitre.
Pour le Président Sarkozy, la liberté de produire va automatiquement, sans qu'il n'y ait de demande supplémentaire, créer une offre supplémentaire.
S'il n'y a pas de demande supplémentaire, il n'y a pas d'offre réellement supplémentaire qui va se créer. Il est certain qu'une dynamisation de la concurrence arrivera. Il y aura des mouvements sur le marché, avec dans un premier temps une diminution des prix et l'arrivée de nouveaux concurrents ou une augmentation de la production des entreprises déjà existantes. Puis, certaines sociétés se verront dans l'incapacité de fonctionner sur des prix de vente plus faibles et diminueront leur production ou disparaitront, pendant d'autres resteront sur le marché et vont s'épanouir avec de nouvelles ventes supplémentaires.
Il s'agit ici d'une dynamique de marché totalement normale.
Rappelons aussi que nous sommes déjà actuellement dans une situation de sur-production. Mais cela ne se voit que peu grâce au système de protection Français et Européen : les viticulteurs sont financés pour produire une certaine quantité, avec des quotas absurdement élevés. Une fois ces quotas atteints, les viticulteurs qui ont reçu les subvention pour leurs productions vont volontairement détruire une partie des récoltes pour conserver des prix plus élevés.
Il faut au contraire libérer le marché et supprimer ces subventions (qui ne font qu'encourager les argiculteurs en général à produire selon des quotas et non selon la demande. Les conséquences en sont la production sans considération économique en Bretagne qui conduit, notamment, à la production massive d'algues vertes). Il faut aussi rétablir la liberté de production et s'assurer que le marché sanctionne les producteurs : produire en masse sans qu'il y ait de consommation ne rime à rien. Un marché libre s'assure que s'il y a trop de production, la baisse des prix encourage les producteurs à faire autre chose, s'engager sur un nouveau marché, car sinon ils finiront au bord de la faillite.
Paysage viticole
Libérer la production viticole est donc une bonne chose. Plus que cela, elle est la position raisonnable à tenir. Le président Sarkozy a donc entièrement tord sur ce sujet. Il ne cherche ici qu'à protéger la corporation viticole, qui pourtant aurait beaucoup à gagner de prix et productions soumis au marché et aux consommateurs plutôt que soumis à Paris et Bruxelles.
Bien entendu, le Président Sarkozy se trompe aussi lourdement sur autre chose : il n'y a déséquilibre durable sur un marché que s'il y a une intervention extérieure qui intervient qui ne soit ni de la décision des consommateurs, ni de la décision des producteurs. Le déséquilibre arrive donc lorsque l'Etat (Paris ou Bruxelles) intervient.
Précisons qu'il se trompe aussi lorsqu'il affirme qu'il n'y aura pas d'augmentation de la demande. Après tout, si les prix diminuent, la tentation de consommer sera plus grande et plus abordable ! Qu'en sait-il qu'il n'y aura pas d'augmentation de la consommation ? Il ne peut pas le savoir.
Enfin pour revenir sur la position du Président, il affirme donc dans cette citation que si la production viticole augmente et que plus de gens travaillent dans la viticulture, alors la viticulture va disparaitre...
J'ai vu et entendu des citations grotesques de la part du Président, mais celle-ci dépasse l'imagination pour un leader de la France théoriquement un petit peu au fait des principes économiques basiques.
Essayons de nous rassurer en partant du principe qu'il s'agissait d'une phrase en l'air qui avait pour seul objectif de rassurer son électorat hostile à la liberté économique. Le vrai problème est que derrière cette phrase se développe une position politique elle bien réelle qui a du poids au niveau Européen.
Source : Le Figaro




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